Meg Stuart
Damaged Goods
Jozef Wouters/Decoratelier
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Reprise au Theatre de la Bastille de la première chorégraphie de Meg Stuart

Deux jambes surgissent, seules, suspendues dans l’obscurité ; puis deux pieds aussi, qui se cherchent et s’embêtent. Sous les pieds, la lumière nimbe alors un autre corps qui se soulève pour atteindre les jambes, se tend et retombe, plusieurs fois. Telles sont les premières images de Disfigure Study, œuvre formidable et enthousiasmante estampillée 1991 de Meg Stuart. Ce fut la pièce inaugurale en Europe de cette chorégraphe alors inconnue, qui a formé à Bruxelles en 1994 sa compagnie, Damaged Goods (« marchandises avariées).

Meg Stuart ne danse plus dans Disfigure Study (traduction littérale : "étude en dé-figure"). Mais compose avec trois fulgurants danseurs, Simone Aughterlony, Joséphine Evrard et Michael Rüegg, une heure d’insistés jamais relâchées, à l’instar du faisceau lumineux qui cadre les corps, laissant le rest du plateau dans la nuit. Les danseurs sont seuls ou à deux. Les mouvements abstraits de toute psychologie évoquent cependant des significations concrètes : la défiguration est l’une des questions plastiques du XXe siècle.

Parfois, les danseurs tournent autour de leur corps, souvent ils composent, avec le relâchement ou avec la fuite de l’autre, un précis de disjonctions, de hachures et de fragmentations, qui atteint même leur visage. Et si, dans les tableaux de Francis Bacon, le corps s’échappe par la bouche qui crie, c’est ici le poing d’un danseur qui vient fermer cette bouche, comme pour en arrêter la disparition.

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