Meg Stuart
Damaged Goods
Jozef Wouters/Decoratelier
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Berliner Zeitung, Menschen in Regalsystemen - Michaela Schlagenwerth (28.09.18) [ Duits ]
La Libre, Meg Stuart, Lion d’or à Venise, dans de nouveaux territoires - Guy Duplat (19.01.18) [ Frans ]
Le Vif, Trip à la sauce indonésienne - Estelle Spoto (24.01.18) [ Frans ]
La Libre, Meg Stuart, Golden Lion for Lifetime Achievement, tests new waters - Guy Duplat (19.01.18) [ Engels ]
Mouvement, D'huile et d'eau - Sylvia Botella (30.01.18) [ Frans ]
Mouvement, Of oil and water - Sylvia Botella (30.01.18) [ Engels ]
Disfiguring dance, refiguring the human - Allyson Green & André Lepecki on Meg Stuart/Damaged Goods (05.18) [ Engels ]
Contemporary Performance, In Performance: Meg Stuart/Damaged Goods, Until Our Hearts Stop - Philip Gates (08.05.18) [ Engels ]
Le Devoir, Until Our Hearts Stop: jeux interdits - Mélanie Carpentier (26.05.18) [ Frans ]
Lèche-Vitrine, Entrevue avec Meg Stuart sur UNTIL OUR HEARTS STOP - Philippine Vallette (28.05.18) [ Frans ]
La Libre, Comment peut-on survivre au chaos? - Guy Duplat (02.06.18) [ Frans ]

Comment peut-on survivre au chaos?

La Libre, Guy Duplat, 02.06.18

A la fin du mois, la Biennale de danse de Venise remettra à Meg Stuart un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière, un prix déjà attribué aux plus grands: Cunningham, Pina Bausch, Forsythe, Anne Teresa De Keersmaeker. La chorégraphe américaine travaille essentiellement en Belgique depuis 1994.

Ce week-end, elle reprenait au Kaaitheater, à Bruxelles,« Blessed », créé il y a dix ans et déjà joué cent fois à travers le monde. Un solo d’une grande force et d’une actualité urgente.

Il est interprété depuis le début par le danseur portugais Francisco Camacho dans un décor sonore de Hahn Rowe.

Meg Stuart elle-même juge que son spectacle a bien tenu le coup, mais que c’est le monde qui, lui, a mal vieilli. Et on partage volontiers son avis.

Sur scène, un décor de cartons symbolise une plage au Brésil avec un palmier, une cabane, un cygne géant. Un homme vêtu de blanc avec des tongs aux pieds, marche de manière saccadée, comme le faune de Nijinsky. Puis arrive le personnage principal: la pluie.

Elle tombe de partout sans arrêt pendant plus d’une heure. Un déluge. Meg Stuart a créé ce spectacle en 2007 sous le choc de l’ouragan Katrina qui dévasta la Nouvelle-Orléans, la ville où elle est née il y a 53 ans.

Dans ce déluge, le décor s’effondre peu à peu pour devenir un amoncellement de cartons trempés. L’homme est vite décharné, habillé d’un plastique, cherchant un abri sous de fragiles échafaudages de déchets ou tentant de bricoler un radeau pour échapper aux flots.

Parc Maximilien

Comme souvent chez Meg Stuart, le décor est impressionnant (même ici dans sa simplicité) et elle étudie comment le corps résiste à l’adversité. Rampant, se contorsionnant, cherchant à survivre, Francisco Camacho incarne les victimes de Katrina, mais aussi ceux des favélas du Brésil, des catastrophes climatiques à venir, voire les sans abris du parc Maximilien sous l'orage. Il est la condition humaine.

Dans sa folie, il voit la société qui vient le « divertir », aveugle à ses drames. Une danseuse brésilienne vient faire son show au milieu des décombres, « The show must go on », la société du spectacle continue. Le corps trempé et décharné de Camacho devient une statue sur laquelle on place des vêtements de touristes consommateurs ou il prend des gestes de prêcheur sectaire.

Comment peut-on survivre au chaos, comment le corps peut-il le supporter encore ? Que penser d’un univers où le marché de la consommation et du divertissement comme celui des sectes religieuses sont à l’affut pour abuser des malheurs des hommes? La force de Meg Stuart est de s’emparer de ces thèmes forts tout en parvenant à se réinventer sans cesse.

De Morgen, Instagram avant la lettre - Pieter T' Jonck (20.06.18)
Die Presse, Tanz der intergalaktischen Krieger - Isabella Wallnöfer​ (01.08.18) [ Duits ]

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